Pour restaurer la sécurité qui fait cruellement défaut à son nouveau pouvoir et aux investisseurs étrangers qui lui tournent le dos, M. Sassou met en place une stratégie brutale consistant à déloger les miliciens de Lissouba et Kolélas, cachés dans les quartiers du sud de Brazzaville, de Dolisie (Loubomo) et dans les villages. Les morts se comptent par centaines de milliers, les survivants fuient dans la forêt pour échapper à la furie des miliciens cobras. Ces quartiers se vident et les maisons sont pillées. En prétextant un complot contre son pouvoir organisé par Lissouba et son Premier ministre Kolélas, le général des miliciens fait " mieux " que son prédécesseur : il crée des villes et des villages sans vie. !

Le Congo mérite mieux que ses conquérants du pouvoir qui tuent la population pour s'installer au trône jusqu'à la fin de leur existence. Sassou agite l'éventail du tribalisme pour obtenir aiguiser les haines dans la population, malheureusement elle ne se laisse plus abusée. Les Congolais résignés attendent très calmement dans le deuil que d'autres Congolais, respectant d'abord la vie, les lois, la démocratie, mettent fin à la disparition programmée du pays par les présidents de la mort.

La réconciliation est plus que nécessaire au Congo, à condition que les belligérants reconnaissent leurs erreurs, leurs crimes et acceptent la justice du peuple devant une commission nationale et internationale de " vérité et pardon pour la démocratie et la paix ".

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(Par Dr LOUBELO)

Le peuple congolais a vécu des drames à l'époque coloniale, sous le régime du PCT (parti congolais du travail d'obédience marxiste en apparence), et sous celui de Lissouba. Mais ce qu'il a enduré ces six dernières années, après l'avènement de la démocratie, dépasse toute imagination de la bêtise humaine : les guerres fratricides entreprises par ceux qui sont à l'origine du chaos social, économique et politique du Congo.

Qui sont-ils ? Il s'agit de Mrs. Sassou et Lissouba tous deux présidents du Congo à un moment donné de ce pays riche et sous-peuplé. M. Sassou, homme né pour le trône, n'a jamais hésité de conquérir le pouvoir par tous les moyens, même de la mort de ses proches notamment du président M. N'Gouabi, des opposants supposés tels que le président M. Massemba-Débat et du Cardinal Biyenda (de lourds soupçons pèsent sur lui). Il a choisi de revenir au pouvoir par la voie des canons et des balles. Son parcours politique est jonché de cadavres.

M.Lissouba, premier ministre de la révolution congolaise, fut très tôt impliqué dans les crimes politiques des cadres et personnalités politiques de l'ère post-indépendance. Il démissionna à la demande du président de la République Massamba-Débat pour cause de divergence grave. Il deviendra plus tard membre du PCT de M. N'Gouabi, le conflit ne tardera pas à éclater entre les deux. Il sera surveillé comme du lait sur le feu, humilié et emprisonné sous le PCT (de N'Gouabi et Sassou).

Sassou et Lissouba se connaissent comme deux frères jumeaux qui se sont s'entraidés pendant l'élection présidentielle, se sont haïs pour le pouvoir suprême. Leur trajectoire se croise à l'élection présidentielle de juillet 1992, et ils entraînent le Congo en enfer depuis cette période. Leur dévise semble être : le Congo n'existera plus après eux.

Depuis la victoire de Sassou, l'insécurité s'est installée, s'est amplifiée sur l'ensemble du territoire, surtout à Brazzaville. Les cobras, compagnons du chaos s'attaquent régulièrement aux dignitaires du pouvoir central en les pillant et tuant les désobéissants. Aujourd'hui M. Sassou n'est pas épargné par les exactions de ses compagnons du crime, car ses proches sont touchés. Il est pris au piège par les siens qui lui rappellent la maxime du PCT qu'il connaît bien : " camarade, si tu avances, nous te suivons ; si tu t'arrêtes, nous te pointons et si tu recules, nous t'abattons ".

Le pouvoir et la mort du peuple