La trahison de l'élite Tabu Ley
Tout congolais ayant suivi un enseignement de
base peut se considérer comme faisant partie de l' élite intellectuelle du Congo, car il a
acquis les capacités d'analyse et de raisonnement indispensables à la résolution
des problèmes qui se posent dans la société congolaise. En s'impliquant dans la
vie politique, cette élite se métamorphose en élite politique.
Trente-huit ans après
l'indépendance, le bilan de l'élite politique congolaise est catastrophique. Le peuple ne comprend
pas pourquoi cette élite en est arrivée là : arrogance, mépris,
détournements des deniers publics, fanatismes, et guerres civiles ! (...).Le
projet national, si elle en a un, est vite relégué parmi ses derniers soucis.
Faire de la politique au Congo semble être le seul moyen d'atteindre le sommet
de l'aisance et de l'opulence. C'est un leurre, puisque très peu de personnes
arrivent à ce stade, réservé plutôt au noyau ethno-régionaliste du président de
la République. L'élite se fait serviteur du pouvoir en place (qu'il combattait
peut-être ) pour jouir des privilèges dont elle a rêvé : cela peut
donc susciter le mépris ou la haine de la part des Congolais honnêtes (...).
Faire de la politique, c'est mettre ses idées
ou son projet au service de la nation dans un seul but : contribuer au
développement du Congo. La nouvelle élite politique doit défendre la démocratie,
respecter d'une part les lois et règles votées par le peuple ou
ses représentants légalement élus, et d'autre part l' alternance politique, car le pouvoir est confié par
le peuple pour une durée limitée. Après le pouvoir, il y a la Vie (voir L'Autre Afrique n°43) !.
Dr. E.F.LOUBELO
(Militant pour la démocratie et le développement du
Congo-Brazzaville)
(Article paru dans L'Autre Afrique n° 58
du 9 septembre 1998)
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