Le vrai visage de Sassou Nguesso Musique de

D'après un proverbe,"un tronc d'arbre qui séjourne dans une rivière ne se transforme pas en crocodile". Cette maxime pourrait s'appliquer à M. Sassou.En effet, après sa victoire miltaire sur MM. Lissouba et Kolélas, il déclarait à la presse occidentale que son successeur ne voulait pas organiser l'élection présidentielle comme le prévoyait la Constitution de mars 1992. Il semblait donc la défendre comme un démocrate. L'est-il devenu après cinq années de traversée de désert, suivies d'une guerre qu'il a bien préparée? La question reste posée.

Après cinq mois de guerre civile, le bilan est très lourd : 20 000 morts au moins (pendant et après la guerre). Et Brazzaville, la capitale est anéantie à plus de 80 %.

Les Congolais épris de démocratie découvrent la réalité que leur réserve M. Sassou :

- l'abrogation de la Constitution adoptée par référendum en 1992, et l'autoproclamation à la présidence de la République;

- la mise en place d'un gouvernement selon les principes du Parti congolais du travail (PCT);

- l'éviction des maires élus et leur remplacement par d'autres nommés;

- la tenue d'un forum pour confirmer ses ambitions.

Rappelons qu'à la suite de l'assassinat du président N'Gouabi, en 1977, M.Sassou, ministre de la défense, était le seul responsable politique à trouver que la Constitution du PCT inapplicable !. Avec la "sienne", il sera président du Congo pendant treize ans, règne sans partage interrompu par la volonté du peuple lors de la Conférence nationale, en 1991.

Au lendemain de la fuite de Lissouba et de ses alliés, M. Sassou abroge la Constitution de 1992, au mépris de ceux qui l'avaient votée, sans doute pour les mêmes raisons qu'il y a vingt ans. Il la remplace par un Acte fondamental qui lui donne tous les pouvoirs confirmés par "son" forum : président de la République, chef du gouvernement et ministre de la défense, etc....

Le forum qui a rassemblé les alliés de la nouvelle "mouvance présidentielle" a plébiscité la victoire de M. Sassou, fixé une très longue période de transition extensible, et a prévu d'organiser l'élection présidentielle au terme de cette transition : soit en 2001. Un septennat est imposé à la place d'un quinquennat comme si la longue durée d'un mandat présidentiel était synonyme d'un développement économique et social : ce qui est tout à fait absurde et contraire au renouvellement de la classe politique en démocratie !. Ce ne sont donc pas les acquis de la Conférence nationale que M. Sassou veut maintenir, mais plutôt une vengeance sur celle-ci. Par conséquent, l'oeuvre de M. Lissouba est en train d'être parachevée : l'absence de projet de développement (ou projet resté à l'étape neuronale), gabegie financière, emploi des cadres sur la base parentale ou familiale, etc....

Nous, fils et filles du Congo, vous demandons d'amorcer les réparations occasionnées par votre guerre, de permettre aux populations de vivre paisiblement, d'appliquer la Constitution de mars 1992 pour mettre en place les organes prévus, afin de d'organiser les élections libres dans un délai raisonnable : dix-huit mois à deux ans peuvent suffire, si vous y mettez de la volonté comme vous l'avez fait pour votre victoire militaire, pour la transformer en victoire politique, donc celle de la démocratie au Congo.

(Mes excuses : Le noir-blanc représentent le deuil subi par le peuple congolais dans l indifférence de la communauté internationale. Merci) 

(Article de Dr LOUBELO paru dans L Autre Afrique n°43 du 1 Avril 1998)

 

La suite des événements au Congo : Le génocide d'une région congolaise depuis 2002

Revenu au pouvoir par la voie des armes, Sassou a osé transformer sa victoire militaire en victoire politique, en bafouant les principes de la démocratie élémentaire. Il est le seul candidat originaire du Nord du Congo en demandant aux candidats du Nord de ne pas se présenter. Les candidats du Sud abandonnent un à un parce que leur vie est menacée. Il remportera l'élection présidentielle à 90% en avril 2002 en trichant massivement alors qu'il est le seul en course. Il fera de même pour remporter les élections législatives. Les candidats potentiels ayant la côte des populations des régions, donc gênants sont accusés de tricherie ou d'intimidation armée : ils seront disqualifiés.

La victoire est totale sans peine, le projet politique limité au retour de la fausse paix ! La guerre reprend trs vite dans le Pool. Le pouvoir envoie une armée contre des soit-disant Ninjas munis de fusils sans munitions, par manque de soutien extérieur !. Certaines rumeurs brazzavilloises disent qu'il s'agit des miliciens du pouvoir déçus qui attaquent les dignitaires ou les officiers proches de Sassou dans les quartiers populaires. En réalité il s'agit d'un soit disant pasteur, N'Tumi et ses miliciens engraissés tous par le pouvoir : c'est le cheval de Troyes pour détruire le Pool. Les coùptes rendus des ONG sont sans commentaires. Le génocide du Pool est le second du continent africain.

La paix promise et l'amélioration des conditions de vie des Congolais restent une illusion comme du temps du monopartisme. Le chaos est en route comme un tremblement qui s'annonce et trouble le sommeil des populations meurtries, abusées, affamées etc....

La démocratie n'est pas un catalogue de promesses, mais une pratique quotidienne au bénéfice de la population et la société.

 

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