Le Pouvoir appartient au Peuple Musique de Tabu Ley
La jeune démocratie congolaise
n'avait pas besoin de toutes ces victimes innocentes.
Elle avait pourtant bien
commencé en août 1992 par l'élection libre d'un président au suffrage
universel, après l'adoption par référendum d'une nouvelle constitution. Un
homme est élu avec le concours des voix du parti décrié à la conférence
nationale : c'est un professeur passionné de drosophile melanogaster à la
faculté de sciences de Brazzaville.
Après avoir prêté serment, il
ne tarde pas à saper les résolutions fondamentales de la conférence nationale.
Il commence les "maladresses" et les multiplie (mise en place d'une
milice présidentielle, bombardements de la maison de l'ancien chef d'état major
M.Mokoko, de quartier Bacongo, délocalisation de la faculté des sciences à son
village).
La maladresse la plus
étonnante, témoignant du mépris des résolutions de la conférence nationale, est
la mise en place du conseil constitutionnel deux mois avant la fin de son
mandat (rappelons que la durée du mandat est de cinq ans). Il va lui faire
prendre une première et unique décision pendant la guerre civile savamment
préparée par tous les protagonistes avec les deniers publics : proroger
son mandat présidentiel.
La tragédie congolaise est
perpétrée par MM. Sassou, Lissouba et récemment Kolélas sans oublier leurs
sinistres milices.
Au bout de quatre mois et demi
de terreur et massacre de population civile, M. Sassou parvient à mettre en
déroute les milices et les forces gouvernementales de M.Lissouba et de son tout
nouveau Premier ministre : M. Kolélas, l'homme de toutes les alliances
contre-nature.
M. Sassou, qui s'était
difficilement remis de sa défaite à la présidentielle de 1992, a toujours rêvé
revenir aux affaires. Pressé d'y être, il a cédé aux provocations de M.
Lissouba qui n'a jamais eu l'intention d'organiser l'élection présidentielle
tant attendue par les Congolais.
Meurtris, endeuillés,
humiliés, les Congolais rescapés de cette tragédie en ont assez du goût effréné
du pouvoir de MM. Sassou, Lissouba, Kolélas, Thystère Thycaya, Yhombi et leurs
disciples. Le Congo a d'autres fils et filles qui veulent participer à son
développement qui n'a jamais été amorcé. Ce pays ne vous appartient pas, il est
à nous.
Nous, fils et filles du Congo,
demandons à M. Sassou victorieux dans le sang (responsable comme Lissouba et
Kolélas de la mort de nos frères, et de l'anéantissement de Brazzaville), de
mettre en place les institutions de la République décidées à la conférence
nationale pour organiser dans un délai raisonnable l'élection présidentielle en
présence d'observateurs internationaux. Nous vous rappelons que le pouvoir
appartient au peuple congolais depuis la fin de la conférence nationale :
c'était le début d'une vraie démocratie.
E.F. LOUBELO
(Militant
pour la démocratie et le développement du Congo-Brazzaville)
(Article paru dans L'Autre Afrique du 12 novembre 1997)
(Excusez-nous
pour ce fond noir symbole de deuil . Merci)